Indice de qualité de l'air : pourquoi les chiffres diffèrent d'une appli à l'autre
Échelle européenne ou américaine, polluant dominant, et pourquoi l'ozone culmine quand l'air paraît le plus pur.
« Qualité de l'air : mauvaise. » L'information est partout, mais le chiffre qui l'accompagne change d'une application à l'autre pour le même lieu et le même moment. Ce n'est pas une erreur : ce sont des échelles différentes.
L'indice européen
En Europe, l'indice de référence va de 0 à 100 et au-delà :
| Indice | Niveau | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| 0-20 | Bon | Aucune restriction |
| 20-40 | Moyen | Correct pour la plupart des personnes |
| 40-60 | Dégradé | Les personnes sensibles réduisent les efforts en extérieur |
| 60-80 | Mauvais | Tout le monde limite les efforts intenses |
| 80-100 | Très mauvais | Éviter les activités en extérieur |
| plus de 100 | Extrêmement mauvais | Rester à l'intérieur |
Attention aux comparaisons : l'indice américain (AQI) utilise une échelle jusqu'à 500, avec des seuils différents. Une valeur de 60 n'a pas du tout le même sens dans les deux systèmes. Vérifiez toujours quelle échelle affiche votre application avant de vous inquiéter — ou de vous rassurer.
Le principe du polluant dominant
L'indice ne fait pas une moyenne. Il retient le polluant le plus défavorable du moment parmi cinq surveillés :
- PM2.5 — particules fines, les plus dangereuses ;
- PM10 — particules plus grosses : poussières, sable, pollens ;
- Dioxyde d'azote — trafic routier et combustion ;
- Ozone — polluant secondaire, formé par le soleil ;
- Dioxyde de soufre — industrie, aujourd'hui minoritaire.
Conséquence utile : deux journées au même indice peuvent appeler des gestes différents. Savoir quel polluant domine change la conduite à tenir.
Deux polluants, deux comportements opposés
Les particules
Elles culminent souvent le matin et le soir — trafic, chauffage — et lors des épisodes de fumée d'incendie. Le froid et l'absence de vent les concentrent près du sol.
L'ozone
C'est l'inverse, et c'est contre-intuitif. L'ozone n'est pas émis directement : il se forme sous l'effet du soleil, à partir d'autres polluants. Il culmine donc les après-midis chauds et ensoleillés d'été, précisément quand l'air paraît le plus pur.
Autre particularité : les concentrations sont souvent plus élevées à la campagne qu'en centre-ville, où le trafic le détruit partiellement. Un pic d'ozone frappe donc les zones périurbaines et rurales.
La règle pratique : par temps de fumée ou de froid, méfiez-vous du matin et du soir. Par temps chaud et ensoleillé, méfiez-vous de l'après-midi — c'est l'ozone.
Qui doit adapter son comportement
Aux niveaux dégradé et mauvais, les recommandations concernent surtout :
- les personnes asthmatiques ou atteintes d'une maladie respiratoire ;
- les personnes cardiaques ;
- les enfants et personnes âgées ;
- les femmes enceintes ;
- les personnes fournissant un effort physique soutenu.
Pour un adulte en bonne santé, une journée à indice élevé ne présente pas de danger immédiat. C'est la répétition qui compte.
Modèle ou capteur : deux sources différentes
Les valeurs affichées peuvent venir de deux origines, à ne pas confondre :
- Une modélisation — un calcul qui estime les concentrations sur une grille, souvent avec une prévision à plusieurs jours. Excellente pour anticiper, moins précise localement.
- Une station de mesure — un appareil réel. Très fiable, mais représentatif de son emplacement immédiat.
S'y ajoutent les capteurs citoyens, beaucoup plus nombreux et donc utiles pour voir un contraste local, mais moins précis qu'une station officielle. Un écart entre deux sources n'est pas une contradiction : elles ne mesurent pas la même chose au même endroit.
Les gestes selon le niveau
Dégradé
- Réduire l'intensité des activités physiques en extérieur pour les personnes sensibles.
- Reporter les efforts intenses aux heures les plus favorables.
Mauvais et au-delà
- Éviter tout effort intense en extérieur.
- Aérer brièvement, aux heures où les concentrations sont les plus basses.
- Filtrer l'air intérieur si vous en avez la possibilité.
- Limiter les déplacements en voiture, qui vous exposent fortement — l'habitacle concentre les polluants du trafic.
- Ne pas ajouter de sources : tabac, bougies, cheminée.
Le réflexe à prendre
Consultez l'indice avant une activité physique en extérieur, comme vous consultez la météo. C'est la seule habitude qui transforme cette information en décision utile — et le seul moment où elle sert vraiment à quelque chose.
Panorisk affiche l'indice européen de qualité de l'air, la prévision des fumées et les capteurs citoyens réels près de chez vous : ouvrir la carte.