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😷 Fumée & santé · 31 juillet 2026 · 3 min de lecture

PM2.5 : comprendre l'indicateur qui mesure la fumée

Ces particules fines sont ce qui rend la fumée dangereuse. À quoi correspondent les chiffres affichés et à partir de quel seuil agir.

Dès qu'un épisode de fumée survient, un chiffre revient partout : les PM2.5. Il apparaît sur les cartes de qualité de l'air, dans les bulletins, sur les capteurs. Comprendre ce qu'il mesure permet de savoir quand s'inquiéter — et quand ne pas s'inquiéter.

Ce que désigne ce sigle

« PM » vient de l'anglais particulate matter, matière particulaire. Le nombre indique la taille : les PM2.5 sont les particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, soit un trentième de l'épaisseur d'un cheveu humain.

On les distingue des PM10 (moins de 10 micromètres), plus grosses. Cette différence de taille n'est pas anodine : elle détermine jusqu'où les particules pénètrent dans l'organisme.

TailleOù elles s'arrêtent
PM10Nez, gorge, bronches — largement filtrées par les voies supérieures
PM2.5Jusqu'aux alvéoles pulmonaires, et passage possible dans le sang

Pourquoi ce sont elles qui comptent : la fumée d'incendie est composée en très grande majorité de particules de cette taille. C'est ce qui la rend nocive, bien plus que son odeur.

Comment lire les chiffres

La concentration s'exprime en microgrammes par mètre cube d'air (µg/m³). C'est une mesure de masse : combien de matière flotte dans un volume d'air donné.

Quelques repères pour situer les valeurs :

Valeur (µg/m³)Ce que ça représente
5Recommandation de l'OMS en moyenne annuelle
10 à 15Air de bonne qualité, situation habituelle
15 à 35Fumée perceptible, personnes sensibles concernées
35 à 75Épisode marqué, tout le monde est concerné
75 à 150Épisode important, rester à l'intérieur
plus de 150Situation exceptionnelle, à proximité d'un grand feu

À titre de comparaison, une grande ville européenne se situe habituellement entre 8 et 20 µg/m³. Lors d'un épisode de fumée d'incendie, des valeurs de 100 à 300 sont possibles sous le panache.

Deux pièges d'interprétation

La durée compte autant que le pic

Une valeur de 80 µg/m³ pendant une heure n'a pas le même effet que 40 µg/m³ pendant trois jours. Les seuils réglementaires sont d'ailleurs exprimés en moyennes sur 24 heures, précisément pour cette raison. Un pic bref est moins préoccupant qu'une exposition prolongée à un niveau modéré.

Modèle et mesure ne disent pas la même chose

Il existe deux sources de données, souvent affichées côte à côte :

Un écart entre les deux est normal. Le modèle donne la tendance et la trajectoire ; le capteur donne la réalité locale immédiate.

Ce que vous pouvez en faire concrètement

La mesure n'a d'intérêt que si elle guide une décision. En pratique :

Un réflexe utile : regardez la tendance plutôt que la valeur instantanée. Une concentration à 60 µg/m³ en baisse depuis deux heures annonce la fin de l'épisode ; la même valeur en hausse rapide annonce le contraire.

Et l'indice de qualité de l'air ?

L'indice européen affiché sur de nombreux sites (de « bon » à « extrêmement mauvais ») agrège plusieurs polluants : particules, ozone, dioxyde d'azote, dioxyde de soufre. Il retient la valeur du polluant le plus défavorable.

C'est pratique au quotidien, mais lors d'un épisode de fumée, la valeur brute des PM2.5 est plus informative : elle isole exactement ce qui pose problème.

Panorisk affiche la prévision des fumées (PM2.5 du modèle CAMS) et les mesures de capteurs citoyens réels. Activez les couches « Fumées » et « Capteurs d'air réels » sur la carte.

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