PM2.5 : comprendre l'indicateur qui mesure la fumée
Ces particules fines sont ce qui rend la fumée dangereuse. À quoi correspondent les chiffres affichés et à partir de quel seuil agir.
Dès qu'un épisode de fumée survient, un chiffre revient partout : les PM2.5. Il apparaît sur les cartes de qualité de l'air, dans les bulletins, sur les capteurs. Comprendre ce qu'il mesure permet de savoir quand s'inquiéter — et quand ne pas s'inquiéter.
Ce que désigne ce sigle
« PM » vient de l'anglais particulate matter, matière particulaire. Le nombre indique la taille : les PM2.5 sont les particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, soit un trentième de l'épaisseur d'un cheveu humain.
On les distingue des PM10 (moins de 10 micromètres), plus grosses. Cette différence de taille n'est pas anodine : elle détermine jusqu'où les particules pénètrent dans l'organisme.
| Taille | Où elles s'arrêtent |
|---|---|
| PM10 | Nez, gorge, bronches — largement filtrées par les voies supérieures |
| PM2.5 | Jusqu'aux alvéoles pulmonaires, et passage possible dans le sang |
Pourquoi ce sont elles qui comptent : la fumée d'incendie est composée en très grande majorité de particules de cette taille. C'est ce qui la rend nocive, bien plus que son odeur.
Comment lire les chiffres
La concentration s'exprime en microgrammes par mètre cube d'air (µg/m³). C'est une mesure de masse : combien de matière flotte dans un volume d'air donné.
Quelques repères pour situer les valeurs :
| Valeur (µg/m³) | Ce que ça représente |
|---|---|
| 5 | Recommandation de l'OMS en moyenne annuelle |
| 10 à 15 | Air de bonne qualité, situation habituelle |
| 15 à 35 | Fumée perceptible, personnes sensibles concernées |
| 35 à 75 | Épisode marqué, tout le monde est concerné |
| 75 à 150 | Épisode important, rester à l'intérieur |
| plus de 150 | Situation exceptionnelle, à proximité d'un grand feu |
À titre de comparaison, une grande ville européenne se situe habituellement entre 8 et 20 µg/m³. Lors d'un épisode de fumée d'incendie, des valeurs de 100 à 300 sont possibles sous le panache.
Deux pièges d'interprétation
La durée compte autant que le pic
Une valeur de 80 µg/m³ pendant une heure n'a pas le même effet que 40 µg/m³ pendant trois jours. Les seuils réglementaires sont d'ailleurs exprimés en moyennes sur 24 heures, précisément pour cette raison. Un pic bref est moins préoccupant qu'une exposition prolongée à un niveau modéré.
Modèle et mesure ne disent pas la même chose
Il existe deux sources de données, souvent affichées côte à côte :
- les modèles de prévision (comme le service européen CAMS) calculent la dispersion attendue du panache. Ils couvrent tout le territoire et anticipent les prochaines heures, mais restent une estimation ;
- les capteurs réels mesurent l'air à un endroit précis. C'est la vérité du terrain, mais uniquement là où un capteur existe.
Un écart entre les deux est normal. Le modèle donne la tendance et la trajectoire ; le capteur donne la réalité locale immédiate.
Ce que vous pouvez en faire concrètement
La mesure n'a d'intérêt que si elle guide une décision. En pratique :
- En dessous de 35 : maintenez vos activités, mais si vous êtes asthmatique ou cardiaque, gardez votre traitement à portée et évitez les efforts intenses dehors.
- Entre 35 et 75 : reportez le sport en extérieur, le jardinage et les travaux physiques. Aérez brièvement, tôt le matin.
- Au-dessus de 75 : restez à l'intérieur, fenêtres fermées. Évitez d'ajouter des particules chez vous (bougies, cheminée, cuisson fumante).
Un réflexe utile : regardez la tendance plutôt que la valeur instantanée. Une concentration à 60 µg/m³ en baisse depuis deux heures annonce la fin de l'épisode ; la même valeur en hausse rapide annonce le contraire.
Et l'indice de qualité de l'air ?
L'indice européen affiché sur de nombreux sites (de « bon » à « extrêmement mauvais ») agrège plusieurs polluants : particules, ozone, dioxyde d'azote, dioxyde de soufre. Il retient la valeur du polluant le plus défavorable.
C'est pratique au quotidien, mais lors d'un épisode de fumée, la valeur brute des PM2.5 est plus informative : elle isole exactement ce qui pose problème.
Panorisk affiche la prévision des fumées (PM2.5 du modèle CAMS) et les mesures de capteurs citoyens réels. Activez les couches « Fumées » et « Capteurs d'air réels » sur la carte.